Témoignage de Maud pour Octobre Rose

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Laetitia Heslouis
Laëtitia Heslouis a des tâches de rousseur, adore Paris et a un chat super Zen. C'est aussi la fondatrice de Skappy !

Témoignage de Maud pour Octobre Rose

Octobre Rose et ses rubans accrochés à la boutonnière, vous en avez sûrement déjà entendu parler ? Chaque année depuis 2004, des manifestations fleurissent un peu partout en France pour mobiliser un maximum de personnes dans le but de sensibiliser et d’informer les femmes sur la nécessité du dépistage précoce du cancer du sein.

Aujourd’hui, nous avons décidé de vous offrir un témoignage. Celui d’une femme comme vous et moi qui nous raconte son point de vue sur Octobre Rose et qui nous fait partager avec beaucoup de sincérité son histoire avec le cancer.

Maud à 42 ans, mariée, elle est journaliste et l’heureuse maman de 2 petits bambins.

Ce mois-ci, c’est le mois d’Octobre Rose consacré à la lutte contre le cancer du sein. Pouvez-vous nous dire ce qu’évoque pour vous cette mobilisation ?

Beaucoup de choses, je suis personnellement touchée par cette manifestation. Même si je ne suis pas directement impliquée, je sais qu’il y a eu une course organisée près de chez moi à Vincennes. Je pense que le but d’Octobre Rose est de récolter des fonds et de sensibiliser les gens à la maladie. Le cancer peut arriver à tous et ça devient aujourd’hui un vrai problème de société je pense. C’est peut-être aussi le rôle de cette manifestation que de montrer les différentes facettes du cancer du sein même si au final j’ai le sentiment d’entendre souvent parler des mêmes problématiques : la mastectomie et la perte de la féminité par exemple. On parle moins des cancers du sein métastatiques ou de la nécessité d’avancer l’âge officiel de 50 ans pour le dépistage systématique…

Pouvez-vous me raconter votre histoire ?

Comment oublier ! Le diagnostic, je l’ai eu au moment des attentats de Charlie hebdo, une tragédie qui m’a touchée particulièrement étant moi-même journaliste. Moi, je me sentais en forme jusqu’à ce jour où j’ai senti une grosseur dans mon sein. Au début, j’en souriais comme si c’était anodin mais malheureusement ce n’était pas une blague. En découvrant ma maladie j’ai vécu une succession de chocs : le premier choc c’est l’annonce même de la maladie et le deuxième fut de découvrir un peu plus tard que mon cancer était métastatique (c’est-à-dire que la tumeur d’origine a produit des métastases ailleurs dans mon corps).

A l’annonce de la maladie, les médecins m’avaient expliqué le protocole : je devais commencer par des séances de chimiothérapie puis l’opération et enfin des rayons, mais ce deuxième diagnostic à tout chamboulé. Ça signifiait que je devrai vivre avec cette épée de Damoclès…

Vous êtes une jeune femme active, passionnée par son travail et maman de 2 enfants. Quelles conséquences la maladie a eu sur votre quotidien, votre vie de femme, de maman ?

Professionnellement, j’ai arrêté de travailler même si je n’ai pas arrêté toute activité. Pour les enfants, c’était dur, même si on a essayé de les préserver au maximum. On leur a expliqué les effets secondaires de la chimio, que j’allais perdre mes cheveux, que j’allais être fatiguée… Il s’est avéré que pendant 6 mois, j’ai gardé mes cheveux, ce n’est que tout récemment que j’ai commencé à les perdre. Même si les enfants étaient prévenus, ce moment les a beaucoup marqués.

Mon « souci » a été de ne pas paraître malade pour les autres, même vis à vis de mes enfants. C’est un équilibre à trouver entre ne pas être dans le déni (et en même temps pourquoi pas !) et oublier la maladie pour continuer à vivre sans être estampillée malade. C’est vivre aussi dans l’incertitude, celle des examens, est-ce qu’ils vont être bons ou pas ? Avec le temps, je m’y fais mais c’est vrai que mon corps se transforme, je le surveille mais j’ai la sensation d’être un peu impuissante.

Avez-vous essayé les médecines naturelles pour vous accompagner au cours de votre traitement et améliorer votre bien-être ? Comment cela vous a-t-il aidé ?

rès vite, je me suis lancée dans les médecines alternatives. Il y a eu la sophrologue et la psychologue, que j’ai pu consulter à l’hôpital. Les massages shiatsu aussi. Pour moi, ils sont pour beaucoup dans le fait que je ne ressens pas trop les effets secondaires. Parce que des douleurs, que j’avais sans shiatsu cet été, ont disparu par exemple.

La sophrologie, je la vis plus comme une philosophie de l’existence : goûter l’instant présent, être dans la positive attitude et ne pas trop se projeter. La sophrologie aide aussi à redécouvrir son corps mais c’est un long processus, parce que j’ai l’impression aujourd’hui d’avoir été trahie par lui.

Y-a-t-il quelque chose que cette maladie, vous a fait découvrir sur vous ?

Ma vie a changé, mais en même temps elle n’a pas été bouleversée au point de me dire on va partir, on va tout lâcher. Ce qui est plus flagrant en revanche, c’est que j’ai envie de réaliser quelque chose. J’ai la sensation que le temps s’accélère.

Pouvez-vous nous raconter un événement ou une situation qui vous a rendu fière de vous dans votre vécu avec cette maladie ?

C’est difficile à dire que je sois fière de moi mais j’ai entamé très vite l’écriture qui est très importante pour moi, il fallait au moins que j’arrive à faire quelque chose de cette maladie. J’ai commencé à écrire des choses, des idées, des projets… Mais il faut que je les concrétise, donc pour l’instant je ne peux pas dire que j’en sois fière. Est ce que je peux dire que je suis fière de le vivre ainsi ? On me renvoie l’idée que je serais forte. Moi, je ressens plus que je n’ai pas le choix. Peut être qu’un jour je serai fière d’avoir fait quelque chose, d’avoir réalisé quelque chose…

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui apprend sa maladie ?

Oula, la position de celle qui donne des conseils c’est difficile ! Peut-être que je lui dirai de s’écouter et d’exprimer ses besoins. De ne pas rester seule, être entourée, c’est primordial ! Que ce soit par sa famille, ses amis ou ses collègues… Aussi, je pense que je lui dirais de faire appel aux médecines alternatives, pour trouver sa voie dans ce qu’il est possible de faire. Et ne pas se laisser envahir par la maladie.

Merci infiniment Maud d’avoir accepté cette interview pour Skappy, je suis certaine que de nombreuses femmes se retrouveront dans ton témoignage. Octobre Rose c’est aussi une manifestation qui permet à tous de s’exprimer et d’échanger sur ce sujet qui ne laisse personne indifférent.

N’hésitez pas à vous exprimer à votre tour !

Julie,
Community Manager de Skappy,
Booster de bonne humeur !
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Laetitia Heslouis
Laëtitia Heslouis a des tâches de rousseur, adore Paris et a un chat super Zen. C'est aussi la fondatrice de Skappy !

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